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Governance  Village

Examen du mouvement pour l’éradication de l’inégalité entre les sexes

By Governance Village - 12 months ago

Des représentants de diverses organisations de défense des droits humains se rassemblent pour des échanges sur la notion d’identité et ses répercussions.

GUELPH — Lors d’un symposium sur l’égalité des sexes et l’éducation, tenu le mois dernier à Guelph (Ontario), divers intervenants du monde entier ont partagédes expériences fort enrichissantes dans le domaine de l’égalité des sexes.

Le symposium organisé par la section régionale de Guelph d’Entraide universitaire mondiale du Canada (EUMC)   s’était fixé comme objectif commun l’élimination des inégalités entre les sexes par une meilleure compréhension des notions d’identité de l’individu et d’identité du groupe.

M
meRozena Maart, l’une des quatre fondatrices de l’organisation sud-africaine Women Against Repressiona démarré la journée d’échanges sincères avec un discours d’ouverture dans lequel elle s’est appesantie sur le besoin de reconnaître les identités individuelles à l’échelle internationale. En raison de différences culturelles, a expliqué MmeMaart, les voyageurs canadiens ont parfois du mal à saisir les causes de discrimination. Parce qu’ils ne possèdent pas les connaissances de base sur les pratiques culturelles d’un pays, beaucoup de participants à des projets de développement international subissent en général un d’un choc culturel, qui entrave l’efficacité de leur action.

Elle ajouta que tandis que dans le reste du monde, les débats portent sur les liens entre l’histoire, les relations entre les sexes et la question de l’identité, les Canadiens se complaisent d’aborder les relations entre les sexes selon la perspective de la sexualité et
« n’envisagent pas l’identité du point de vue de qui nous sommes ».

M
meMaart s’est dite préoccupée par le fait que les Canadiens tiennent pour acquis le privilège de ne pas avoir à parler de leur identité. Pour la plupart des gens dans le monde, a-t-elle dit, « ils sont forcés à y réfléchir, ils ne peuvent pas ignorer qu’ils ont 12 enfants, qu’ils vivent avec environ un dollar par jour et qu’ils souffrent de l’absence prolongée des hommes du foyer. »

Selon elle, l’élimination des inégalités entre les sexes demande d’adopter une approche holistique pour déterminer ce qui fait notre propre identité. Elle suggère que l’on s’interroge sur ce qui fait de nous des Canadiens, ce qui contribue à la couleur de notre peau, notre mode de vie, notre identité sexuelle, notre religion, notre âge, et ainsi de suite. « Je me demande comment chacun de vous se définit en tant qu’individu, et surtout, comment vous en êtes arrivé à votre conclusion personnelle? », a-t-elle demandé.

Après son argumentation sur la nécessité de parvenir à l’égalité entre les sexes, M
me Maart a cédé le micro à Mirwais Nahzat, agent de programme à l’EUMC et fondateur du Centre for Afghanistan Progress (CAP), qui est intervenu plus spécifiquement sur un programme d’éducation en Afghanistan. Après un bref rappel historique, M. Nahzat a relaté les histoires captivantes de femmes avec qui il a travaillé en Afghanistan.

Il a expliqué que « les femmes afghanes ont toujours été instrumentalisées » en rappelant que lorsque l’ex-président George W. Bush avait été interrogé sur la présence de l’armée américaine en Afghanistan, il avait répondu que c’était « pour la libération des femmes afghanes ». D’un autre côté, M. Nahzat a attiré l’attention sur le fait que le site Internet du gouvernement du Canada n’affichait pas les photos « d’un soldat brandissant une arme à feu », mais bien celles « d’enfants afghans et de femmes afghanes [pour] brosser un portrait de sa présence en Afghanistan ».

Le monde occidental voit souvent les femmes afghanes comme des victimes de l’oppression en raison de leurs burkas, mais comme l’a dit M. Nahzat : « Sous chaque burka, il y a une histoire individuelle ». Grâce au travail de l’EUMC en Afghanistan, les femmes participent à un programme de formation professionnelle pour les veuves et leurs familles qui leur permet d’acquérir les compétences nécessaires pour gagner leur vie, tout en offrant la possibilité aux hommes et aux femmes de travailler ensemble.

M. Nahzat a tenu à réitérer le thème principal de la journée, à savoir que « l’égalité des sexes concerne aussi bien les hommes que les femmes », même si ce n’est pas la grande priorité du CAP.

Dans l’après-midi, Bailey Duller de l’Association pour les droits des femmes dans le développement (AWID) a poursuivi la discussion sur l’égalité des sexes, les projets de développement durable et les droits des femmes. En effet, dans son énoncé de mission, l’AWID s’engage à « renforcer la voix, l’impact et l’influence des personnes, des organisations et des mouvements voués à la défense des droits de la femme sur le plan international. »

Les initiatives principales de l’organisation ciblent, entre autres, le financement de projets pour la défense des droits de la femme, la sensibilisation aux droits des femmes au niveau mondial et le Forum international de l’AWID. Le plus récent forum, tenu en Afrique du Sud en novembre dernier, a lancé une nouvelle initiative baptisée « Réponses féministes aux VIH/sida ».

Au-delà de ces programmes, « nous voulons aussi prendre part à des manifestations », a dit M. Duller, faisant allusion à une précédente manifestation contre la violence domestique
àl’égard des femmes. M. Duller a fait le rapprochement entre la manifestation et des événements récents, tels que le procès pour viol de Jacob Zuma, les attentats à la bombe contre des écoles de filles au Pakistan et les attaques à l’acide en Afghanistan. Pourtant, en dépit de toutes ces atrocités, l’AWID a réussi à mettre au défi une « société patriarcale » grâce à son action communautaire à l’échelle internationale.

L’EUMC a consacré la dernière partie de la journée aux possibilités d’engagement auprès de diverses organisations d’action communautaire. Lors d’un échange avec un représentant du Village de la gouvernance, Laura Baer, bénévole au sein de l’EUMC, a fait remarquer que le colloque était, autant qu’elle se souvienne, le premier en son genre, et que l’EUMC avait désormais espoir d’en organiser un chaque année.

Plus tôt dans la journée, M
meMaart avait expliqué que, même s’il était essentiel que les gens soient plus sensibilisés aux questions de développement, « les inégalités fondées sur le sexe, en particulier [n’étaient] pas juste quelque chose contre laquelle nous pouvons lutter et dont nous nous efforçons d’accélérer l’élimination espérée, il faut en faire une cause intimement liée à notre identité. »

Heather MacDonald est rédactrice en chef au Cord Weekly, le journal étudiant de l’Université Wilfrid Laurier. Elle se rendra en Ouganda et au Rwanda cet été, à titre bénévole, dans le cadre d’un voyage organisé par Future of Africa et Peace for All International. Vous pouvez consulter son blogue ici.

Les programmes de développement outre-mer de l’EUMC ont pour but de promouvoir l’éducation et la santé, de favoriser la formation professionnelle, d’améliorer la gouvernance dans divers domaines, ainsi que de mettre en œuvre des projets régionaux comme le Programme d’étudiants réfugiés qui, au cours des 25 dernières années, a permis à plus de 700 réfugiés de bénéficier d’une éducation postsecondaire canadienne.

 

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